Connexion versus Technique

La « connexion » est vraiment un terme très « à la mode » ces derniers temps. Les prises de conscience au sein du monde du cheval sont de plus en plus nombreuses et amènent à reconsidérer la manière d’aborder et de monter à cheval. Et c’est tant mieux !

Même s’il est encore difficile de se faire entendre au plus haut niveau, il est fort agréable de constater que les cavaliers dits « amateurs », réellement amoureux de leur animal, cherchent une nouvelle méthode qui leur apportera avant tout du LIEN avec leur cheval avant même de monter à cheval. A l’extrême, regarder tous ces jeunes cavaliers qui montent en cordelette, générant ainsi une vision idyllique du lien fantasmé d’une fusion entre l’animal et l’humain, laisse dubitatif lorsque l’on sait que cet aboutissement est le résultat d’un travail acharné de plusieurs années.

Bien sûr, il y aura à l’inverse toujours les irréductibles pour lesquels la technique reste la priorité au détriment du lien. A quoi bon ? besoin de reconnaissance personnelle ? challenge personnel ? montrer aux autres à quel point faire une pirouette ou sauter 1m30 est facile ? peu importe, chacun a sa raison et à eux de trouver leurs propres réponses.

Au milieu de ces 2 extrêmes, il existe un équilibre. Il y a toujours un EQUILIBRE en toute chose. Créer une relation authentique entre son cheval tout en continuant à le chevaucher avec plus ou moins de technique. Comment y arriver ? Explorons…

La pratique éthologique permet la mise en place d’un cadre, d’une éducation dans lequel l’animal et l’humain évoluerons ensemble. Le cheval apprend par association. Il apprend alors à ce moment comment il doit réagir face à tel ou tel stimuli. Il est conditionné à une réponse par rapport à une demande.

La « connexion » est difficile à définir aussi clairement car elle fait appel à du ressenti, du sensitif : lorsque vous partagez un moment avec un ami, vous savez dire ou non si vous êtes en connexion. Que se passe-t-il à ce moment ? comment le décrire ? probablement, vous diriez que vous ne savez pas, c’est « instinctif ».

C’est exactement la même chose avec le cheval, c’est instinctif.

« Instinctif » peut être défini avec un mot encore plus simple : le cœur. Ne parle-t-on pas d’intelligence du cœur (cf https://www.heartmath.org/) ?

Alors, à un moment donné, il s’agit de se poser la bonne question : comment je veux ma relation avec mon cheval ? comment je monte à cheval ?
Est-ce purement mécanique ? est-ce que je monte avec un stress, une peur qui viendra bloquer l’expression de mon cœur ? est-ce que je monte par contrainte ? Est-ce que je monte pour me prouver des choses… à moi ou aux autres ? est-ce que je monte à cheval par amour de l’animal ? est-ce que je monte car je veux construire un vrai binôme dans le but de s’amuser ensemble ?
Qu’est-ce que je fais à cheval ? Qui est mon cheval pour moi quand je suis dessus ? comment je suis à l’intérieur de moi ?
Autant de questions qui nécessitent honnêteté envers soi-même et qui peuvent être difficiles à répondre.
Où se situe l’Equilibre lorsque je suis à cheval ? dans la mécanique ou dans la relation avec mon cheval ?

Au final… qu’est ce que je fais, qu’est ce que je veux avec mon cheval ?
Ensuite, vous serez clair avec vous-même et vous saurez dire où vous vous situez entre les extrêmes du cheval-mobylette ou du cheval-peluche.